Le triomphe de l’amour rédempteur (Arthur Pink)

« Jésus dit : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23:24)

Jésus prononce cette prière lorsque les croix furent dressées. En effet, sa prière suit le verset : « Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche » (Luc 23:33). Puis, Jésus demande à son Père de pardonner. Après que l’homme montre le pire dont il est capable ; après qu’il révèle toute la méchanceté de son cœur ; après que de ses mains impies, la créature ose crucifier le Seigneur de gloire. Celui-ci aurait pu prononcer une terrible malédiction sur ses bourreaux, les frapper des éclairs de sa juste colère et les faire périr.

Il aurait pu ordonner à la terre de s’ouvrir pour les engloutir et les faire descendre vivants dans l’abîme. Il ne le fait pas. Bien que soumis à une humiliation indicible, en proie à une souffrance atroce, bien que méprisé, rejeté, haï, il supplie néanmoins : « Père, pardonne-leur. » Tel est le triomphe de l’amour rédempteur. « L’amour est patient, il est plein de bonté… il excuse tout… il supporte tout » (1 Corinthiens 13:4,7). Il s’est manifesté ainsi à la croix.

À l’heure de sa mort, Jésus prie d’abord pour ses ennemis

Quand arriva pour Samson l’heure de sa mort, il rassembla toutes ses forces physiques pour détruire ses ennemis. L’homme parfait, lui, utilise toute la force de son amour pour prier et implorer le pardon en faveur de ses ennemis. Grâce incomparable ! Oui, car même Étienne ne put suivre parfaitement l’exemple laissé par le Sauveur. Le récit d’Actes 7 montre qu’il pensa d’abord à lui-même avant de prier pour ses bourreaux : « Ils lapidaient Étienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » (Actes 7:59,60) Dans le cas de Christ, l’ordre est inverse. Il prie d’abord pour ses ennemis, et ensuite pour lui. En tout, il a la prééminence.

Exhortation pour les inconvertis

Si vous n’êtes pas encore sauvé, ami lecteur, nous vous encourageons instamment à prêter la plus grande attention à la phrase suivante : Quelle chose terrible que de s’opposer sciemment à Christ et à sa vérité ! Ceux qui crucifièrent le Sauveur ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Mais, dans un sens très réel et solennel, on ne peut en dire autant de vous. Vous savez que vous devriez accepter Christ comme Sauveur, le couronner comme Seigneur de votre vie et avoir pour premier souci de lui être agréable et de le glorifier. Sachez-le : vous vous exposez à un grand danger. Si vous vous détournez volontairement de lui, vous vous éloignez du seul capable de vous sauver de vos péchés. Il est écrit : « Si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles » (Hébreux 10:26,27).

La plénitude du pardon divin

Parlons maintenant de la plénitude du pardon divin. Beaucoup d’enfants de Dieu sont perturbés et troublés à ce propos. Ils admettent que tous les péchés qu’ils ont commis avant d’accepter Christ comme Sauveur sont pardonnés, mais ils ne sont pas toujours au clair quant aux péchés commis après leur nouvelle naissance. Il en est qui pensent que leur péché annule le pardon que Dieu leur a accordé. Ils estiment que le sang de Christ ne couvre que les péchés passés et que, pour les péchés présents et à venir, il leur incombe de s’en occuper eux-mêmes.

Quelle serait la valeur d’un pardon qui peut m’être ôté à tout moment ? Je ne connaîtrais certainement aucune paix intérieure si mon acceptation par Dieu et mon entrée dans le ciel dépendaient de mon attachement à Christ ou de mon obéissance et ma fidélité.

Dieu a porté tous nos péchés sur la croix

Dieu merci, le pardon qu’il accorde couvre tous les péchés, passés, présents et futurs. Frère dans la foi, Christ n’a-t-il pas porté vos péchés en son corps sur le bois ? Lorsqu’il mourut, vos péchés n’étaient-ils pas tous futurs ? Vous n’étiez pas encore né, et n’en aviez donc commis aucun. Il est donc évident que Christ a porté vos péchés à venir au même titre que ceux passés. La Parole de Dieu enseigne que, dans le salut, l’âme de l’incroyant passe de l’état de non-pardon à celui du pardon. Les chrétiens forment un peuple pardonné. Le Saint-Esprit déclare :

« Heureux l’homme à qui le Seigneur n’impute pas son péché ! » (Romains 4:8)

Le croyant est en Christ ; c’est sa position devant Dieu ; son péché ne lui sera plus jamais imputé. Dieu le voit en lui. Parce que je suis en Christ, je suis complètement et éternellement pardonné, si bien que plus jamais le péché ne me sera reproché quant à mon salut, même si je devais rester encore cent ans sur la terre. Je suis à tout jamais arraché de la place du coupable.

Écoutons le témoignage de l’Écriture :

« Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il [Dieu] vous a rendus à la vie avec lui [Christ], en nous faisant grâce pour toutes nos offenses » (Colossiens 2:13).

Notez bien les deux aspects qui sont unis ici (et personne ne doit disjoindre ce que Dieu a joint) : le pardon reçu se rattache à mon union avec un Christ ressuscité. Si ma vie « est cachée avec Christ en Dieu » (Colossiens 3:3), je suis à jamais transporté du lieu où s’applique l’imputation du péché. C’est pourquoi il est écrit : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus–Christ » (Romains 8:1).

Comment pourrait-il y avoir encore une condamnation si toutes nos offenses sont pardonnées ? Personne ne peut accuser les élus de Dieu de quoi que ce soit (Romains 8:33). Lecteur chrétien, unissons-nous pour louer Dieu de ce qu’il nous a éternellement tout pardonné.


Cet article est tiré du livre : Celui qui parle de la croix de Arthur Pink