Tout ce que nous avons appartient à Dieu (John MacArthur)

L’économe dit en lui-même : Que ferai-je, puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens ? Travailler à la terre ? Je ne le puis. Mendier ? J’en ai honte. Je sais ce que je ferai, pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi. Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois-tu à mon maître ? Cent mesures d’huile, répondit-il. Et il lui dit : Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante. Il dit ensuite à un autre : Et toi, combien dois-tu ? Cent mesures de blé, répondit-il. Et il lui dit : Prends ton billet, et écris quatre-vingts. Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi en homme avisé. Car les enfants de ce siècle sont plus avisés à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière (Luc 16.1‑8).

La première exhortation s’intéresse aux besoins des autres. La deuxième nous encourage à nous examiner nous-mêmes. C’est un écho d’une des leçons de la parabole des talents, à savoir que le croyant qui a reçu peu est tout aussi responsable devant Dieu que celui qui a reçu beaucoup. Les deux auront à rendre compte à Dieu de ce qu’ils auront fait des ressources qui leur auront été confiées. D’ailleurs, la vraie nature d’un être humain se voit à la manière dont il gère les petites choses. « Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes » (Lu 16.10).

J’ai entendu des gens déclarer : « Si j’avais davantage, je donnerais davantage. ». Non, elles ne le feront pas. Les gens vraiment fidèles sont généreux en raison de leur nature, non en raison de leurs circonstances. La veuve qui n’avait pratiquement rien a donné tout ce qu’elle avait. Et quantité de gens qui possèdent tout ne donnent rien. Une personne aux maigres ressources qui consacre tout son avoir à elle-même ne deviendra pas généreuse si elle devient subitement riche. Davantage d’argent ne fera qu’exacerber les pulsions hédonistes et aggraver le jugement porté sur l’économe infidèle.

Il est donc vital pour les croyants de cultiver une juste notion de leur devoir de gérants, qu’ils aient peu ou beaucoup. Les déclarations de Jésus dans ce texte semblent indiquer qu’une sage gestion s’apprend et s’exerce mieux dans des petites choses. C’est insensé de vouloir la richesse si vous n’avez pas été un authentique et fidèle gérant de ce que Dieu vous a déjà confié.

Mais la vraie leçon est celle-ci : une gestion élogieuse ne se mesure pas à de fortes sommes d’argent ni à des cadeaux généreux. Elle se reflète dans l’intégrité et le caractère spirituel. Si vous prenez conscience de l’intérêt considérable qu’il y a à investir dans ce qui est éternel, vous le ferez avec les ressources que vous possédez, quelles qu’elles soient. Ce qui fait de nous de bons gérants, c’est de savoir que tout ce que nous avons est un don gracieux de Dieu (1 Co 4.7). « L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Éternel des armées » (Ag 2.8) ; « À l’Éternel la terre et ce qu’elle renferme, le monde et ceux qui l’habitent ! » (Ps 24.1.) Le psalmiste confesse cette vérité dans une prière à Dieu : « La terre est remplie de tes biens » (Ps 104.24).

Les choses que nous considérons comme nôtres sont en définitive les biens de Dieu, pas les nôtres.

Ils ne constituent pas notre propriété privée principalement pour notre usage personnel. Ce sont des biens divins confiés à notre intendance, à gérer le plus sagement possible pour le bien d’autrui et la gloire de Dieu. Ce principe reste vrai, que l’on ait beaucoup ou peu. « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Lu 12.34). L’inverse est vrai également. Ce sur quoi vous portez votre intérêt et vos affections déterminera le trésor sur lequel vous aurez investi. « Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu » (Col 3.1).

Autrement dit, ce que nous faisons de notre argent révèle le véritable état de notre coeur. C’est pourquoi : « Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? » (Lu 16.11.) Ceux qui n’investissent pas dans le travail de la rédemption se dérobent à leur travail d’économes fidèles, dilapident les occasions et le temps présents, et s’appauvrissent pour l’éternité. Dieu ne récompense pas les gens pour le gaspillage de ses ressources. Investir de l’argent dans du luxe inutile, des signes extérieurs de richesse – ou même des bibelots bon marché, des bagatelles, du confort matériel, des loisirs qui font perdre du temps –, c’est se priver soi-même des véritables richesses éternelles.

Le verset 12 ajoute une autre mise en garde cinglante : « Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? » C’est un rappel du premier principe de gestion : nous ne possédons actuellement rien de façon permanente. « Nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter » (1 Ti 6.7).

Tout ce que nous avons, ce sont des choses à administrer – pas seulement l’argent que nous donnons à l’église ou en aumônes. Tout ce que nous possédons est à Dieu, et doit être utilisé pour sa gloire. « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Co 10.31).

L’ironie dramatique de la jouissance égoïste coupable est que plus on garde pour soi – plus on accumule de choses dans cette vie – moins on aura de richesses au ciel. Or, les vraies richesses se trouvent là-bas. « […] nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles » (2 Co 4.18).

Cet article est tiré du livre Paraboles de John MacArthur.