Foi et assurance, sont-elles synonymes ? (Frank Allred)

La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère

L’auteur de la lettre aux Hébreux déclare : «La foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas» (11:1). Cela pourrait donner à penser que celui qui n’est pas sûr ne possède pas une foi authentique, et donc que foi et assurance sont la même chose. Mais Pierre semble dire que la foi et l’assurance sont deux choses différentes. D’après lui nous devons «faire tous [nos] efforts» pour ajouter des vertus chrétiennes à notre foi pour «affermir [notre] vocation et [notre] élection» (2 Pierre 1:5-11). Comment concilier ces deux affirmations ?

La foi est-elle authentique même dans le doute ?

Un de mes amis affirme n’avoir jamais eu le moindre doute quant à son salut depuis le jour où il est devenu chrétien. Il déclare catégoriquement que si une personne doute, même légèrement, sa foi n’est pas authentique. Pour lui, foi et assurance sont une seule et même chose. Moi par contre, j’ai des doutes, mais ils ne m’effraient pas. Ils surgissent dans mon esprit sans crier gare et disparaissent d’ordinaire tout seuls au bout d’une seconde ou deux. Bien sûr, je m’indigne contre moi-même lorsque cela se produit, mais je m’indigne davantage contre mon ami parce qu’il sous-entend que ma foi ne peut être réelle puisque j’éprouve occasionnellement des sentiments de doute. (Pour être franc, je ne peux m’empêcher de croire qu’il refuse tout simplement d’admettre ses doutes, parce que s’il les admettait, il se sentirait moins assuré de son salut.) Qui de nous deux a raison ? La Bible enseigne-t-elle que si j’ai la foi, je dois également être pleinement assuré de mon salut ? Ou enseigne-t-elle que je peux avoir une foi authentique et malgré tout manquer d’assurance ? Comme nous l’avons vu, elle semble appuyer les deux points de vue.

La foi peut être faible

A partir du moment où nous comprenons que la foi peut varier en intensité, le problème perd de son acuité. La foi peut être forte (avec peu de doutes) ou faible (avec de nombreux doutes). L’auteur de la lettre aux Hébreux traite de la foi, et non d’une foi assortie de doutes. Évidemment, si je n’avais aucun doute, j’aurais une assurance complète. Par conséquent, quand il déclare que la foi «est une ferme assurance», il ne suggère pas que ceux dont la foi est imparfaite ne peuvent avoir aucune assurance. Si c’était le cas, il se contredirait puisqu’au chapitre 6, il exhorte ses lecteurs à faire preuve de zèle pour «conserver jusqu’à la fin une pleine espérance» (v.11).

La Bible montre clairement que la foi peut être faible ou petite, et qu’elle doit croître et se fortifier. Pour notre encouragement, elle relate de nombreux exemples d’hommes et de femmes qui avaient une foi faible au début, mais qui a augmenté par la suite. Celle de Pierre ne fut pas suffisante pour l’empêcher de s’enfoncer dans les eaux à l’appel de Jésus (Matthieu 14:28- 31). Le père de l’enfant malade dit à Jésus : «Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité !» (Marc 9:24) Paul rendait grâces à Dieu parce que la foi des Thessaloniciens faisait «de grands progrès» (2 Thessaloniciens 1:3).

La vraie foi réside dans l’obéissance

La preuve de la vraie foi réside dans l’obéissance ; il s’ensuit qu’une obéissance grandissante est la preuve d’une foi grandissante et qu’elle s’accompagne d’une assurance croissante. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet.

Il est possible de croire à la Parole de Dieu et de ne pas agir en conséquence. C’est pourquoi l’apôtre Jacques nous avertit que «la foi sans les œuvres est morte» (2:26). «Montre-moi ta foi sans les œuvres, dit-il, et moi je te montrerai la foi par mes œuvres. Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent» (2:18,19).


Cet article est tiré du livre : « Êtes-vous sûr d’être sauvé ? » de Frank Allred