Où est passé le véritable Évangile ? (J. D. Greear)

L’Évangile est-il vraiment perdu ?

L’Évangile est-il vraiment perdu ? Si oui, où est-il allé ?

La plupart des chrétiens connaissent les faits :

  • Jésus est né d’une vierge
  • a vécu une vie parfaite
  • est mort sur une croix à notre place
  • est ressuscité des morts

Tous ceux qui placent leur confiance en lui auront le pardon et la vie éternelle. Donc, l’Évangile n’est pas perdu.

Pas si vite !

Il y a une différence entre savoir que le miel est sucré et goûter ce miel soi-même. Être capable d’articuler l’Évangile convenablement est une chose, mais être profondément captivé par sa vérité en est une autre.

L’Évangile n’est pas censé être seulement notre billet pour le paradis. Il constitue une nouvelle base pour notre rapport avec Dieu, nous-mêmes et les autres. L’Évangile est la source d’où découle tout le reste.

Je jouerai cartes sur la table : je crois que le mouvement évangélique au grand complet, a désespérément besoin de se réapproprier l’Évangile puisqu’il constitue le cœur du christianisme. Même dans des dénominations conservatrices comme la mienne (la Convention Baptiste du Sud) l’Évangile est éclipsé par divers défis visant à stimuler la croissance.

Se réapproprier l’Évangile

Je ne veux pas dire qu’on a corrompu l’Évangile. Non, les faits sont toujours enseignés avec exactitude. Mais le but de l’Évangile n’est pas que nous passions une sorte d’examen en exposant de manière précise l’importance de Jésus. Le but de l’Évangile est de produire des individus enflammés d’une passion pour Dieu et d’un amour pour les autres. Sur ce point, nous constatons des lacunes évidentes.

Un christianisme qui n’a pas comme principal souci l’approfondissement de notre amour envers Dieu est un faux christianisme. Et ce, quel que soit le zèle qui l’anime quand il s’agit de la conversion des âmes ou l’enthousiasme dont il fait preuve quand il cherche à imposer un comportement moral.

Se convertir à Jésus implique beaucoup plus que l’apprentissage de quelques règles à suivre. Être converti à Jésus, c’est apprendre à adorer Dieu au point d’être prêt à renoncer à tout pour le suivre avec joie.

À l’université, mon colocataire gardait chez nous un chien qui s’appelait Max. Parce que le pauvre Max était infirme des deux pattes arrière, sa vie entière consistait à rester couché au seuil de la porte d’entrée et à lever les yeux vers nous lorsque nous passions près de lui.

Je me rappelle l’avoir regardé un jour, me disant que selon la perspective du christianisme qu’ont la plupart des gens, Max ferait un excellent chrétien. Max ne buvait pas, ne fumait pas, ne jurait pas, il ne se mettait pas en colère, il avait même été castré, donc en mesure de maîtriser ses pensées.

Les disciples de Jésus sont beaucoup plus que des chiens obéissants et castrés. À vrai dire, ils doivent être frétillants d’amour pour Dieu. Comme l’a dit Jésus, lorsque vous aimez Dieu et vous aimez les autres, tout le reste de la vie chrétienne se met en place naturellement (Matthieu 22.37-39).

Plus qu’un ensemble de nouveaux comportements

Alors, comment apprendre à aimer Dieu ? C’est le dilemme du « plus grand commandement » : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (Matthieu 22.37). Or, comment peut-on commander l’amour véritable ?

Suivre le commandement d’aimer quelqu’un pour qui nous ne ressentons pas d’affection naturelle est épuisant. L’amour véritable se développe en réponse à ce qui est aimable. La première fois que j’ai vu ma femme, j’ai ressenti un début d’amour pour elle. Plus j’ai appris à la connaître avec les années,plus j’ai pu constater sa beauté, plus mon amour pour elle a grandi. Mon amour est une réponse.

L’amour pour Dieu est commandé dans les Écritures, mais on ne peut obéir à ce commandement que lorsque les yeux s’ouvrent pour contempler la beauté de Dieu telle qu’elle est révélée dans l’Évangile. L’Esprit de Dieu utilise la beauté de l’Évangile pour éveiller en nos cœurs un désir pour Dieu. L’apôtre Jean l’a exprimé ainsi :

« Pour nous, nous aimons parce que lui nous a aimés le premier »
(1 Jean 4.19).

L’amour pour Dieu se développe en expérimentant l’amour de Dieu. Lorsque nous mettons l’accent sur le changement de comportement, nous passons à côté du vrai problème : un cœur qui refuse d’aimer Dieu. Assurément, je ne dis pas qu’on devrait obéir à Dieu seulement lorsque ça nous plaît. Néanmoins, prêcher un christianisme qui ne constitue rien d’autre qu’un ensemble de nouveaux comportements produit des êtres qui font le bien sans aimer le bien : des hypocrites blasés et remplis de ressentiment envers Dieu.


Cet article est tiré du livre : Évangile de J. D. Greear