Jésus le vrai consolateur (John MacArthur)

Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit . Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi. Vous savez où je vais, et vous en savez le chemin.

Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons où tu vas ; comment pouvons‐nous en savoir le chemin ?

Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

(Jean 14 .1‐6)

Jésus-Christ est pleinement divin et totalement humain

Tel est Jésus‑Christ, pleinement divin et cependant totalement humain, à la veille d’un débordement d’angoisse qui sera littéralement l’expérience la plus horrible jamais subie par un être humain. Et pourtant, il est à ce moment‑là totalement oublieux de lui‑même, et totalement absorbé par les besoins de ses onze amis. Il se rend sûrement compte que pour sauver les pécheurs, il est sur le point de boire la coupe amère de la colère divine. Il ne mourra pas seulement d’une mort d’agonie indicible, conséquence d’un châtiment humiliant ; il sera écrasé par le poids des péchés du monde et paiera un prix exorbitant pour les autres. Néanmoins, à ce moment‑là, il se préoccupe avant tout de la tristesse et des craintes de ses apôtres. 

« Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il mit le comble à son amour pour eux » (Jn 13 .1). 

Le vrai réconfort ou la vraie consolation reposent sur une foi simple, confiante, enfantine

S’il y a un message unique, central dans Jean 14.1‑6, c’est celui‑ci : Le vrai réconfort ou la vraie consolation reposent sur une foi simple, confiante, enfantine. Si vous éprouvez un mécontentement, des soucis, de l’anxiété, si vous êtes ahuri, perplexe, troublé, agité, si vous avez besoin de tout autre type de réconfort, la réponse à votre état se trouve dans une confiance à Christ, centrant toutes vos pensées et tous vos espoirs sur lui. Si vous avez vraiment foi en lui, de quoi vous inquiétez‑vous ? 

Si les disciples sont tellement bouleversés, c’est parce qu’ils sont obnubilés par le sentiment de ce qu’ils sont en train de perdre, ils ressemblent à des naufragés en train de se noyer dans un océan de tristesse. Il faut leur rappeler la nécessité de s’agripper à leur foi en Jésus ; c’est lui qui les maintiendra à flot et les sauvera. Dans ces versets, Jésus leur rappelle alors l’importance de lui faire confiance.

« Que votre cœur ne se trouble point »

Dans le texte grec, le commandement : « Que votre cœur ne se trouble point », utilise un verbe dont le temps évoque une action continue. On pourrait traduire : « Cessez de laisser vos cœurs se troubler. » Les disciples sont déjà troublés, et Jésus le sait. En fait, ils sont probablement dans un état de choc et d’effroi. Ils sont pleinement convaincus qu’il est le Messie promis ; mais la seule idée qu’ils se font du Messie est celle d’un illustre conquérant, une sorte de super héros, un maître souverain. Leurs espoirs avaient grandi d’un cran juste une semaine plus tôt, lorsque Jésus, monté sur un ânon, était entré triomphalement dans Jérusalem, aux acclamations de la foule qui brandissait des branches de palmier.

Or, déjà à ce moment‑là, Jésus commençait à parler de sa mort (Jn 12 .23‑33). Comment les disciples peuvent‑ils concilier cette nouvelle avec leur croyance qu’il est le Messie ? Que va‑t‑il leur arriver ? Est‑ce juste pour eux ? Ils avaient tout abandonné pour le suivre, et maintenant, c’est lui qui va les abandonner. De plus, il va les abandonner entre les mains d’ennemis qui le haïssent et qui les haïssent. Plus rien ne cadre. À quoi bon un Messie qui va mourir ? Pourquoi a‑t‑il nourri leurs espoirs si c’est pour les abandonner maintenant à la haine de tous les hommes ? D’où pourront‑ils tirer leurs ressources ? 

Qui plus est, le Seigneur lui‑même avait annoncé aux disciples que l’un d’eux sera l’instrument de la trahison. Et si Pierre, apparemment le plus fort d’eux tous, renie le Seigneur trois fois cette même nuit, qu’attendre des autres ? Tout semble s’écrouler de la pire manière. 

Espérer contre toute espérance

Toutefois, même si les onze disciples sont ébranlés, leur amour pour lui reste intact. Peut‑être qu’au plus fort de leurs craintes, ils espèrent contre toute espérance que Jésus fera quelque chose pour inverser le cours de ce qui leur semble aboutir à une situation impossible. 

Jésus compatit avec nous dans nos faiblesses

Jésus, qui peut lire ce qu’il y avait dans leurs cœurs comme si c’était écrit sur un tableau d’affichage, connaît exactement la nature de leurs pensées. Il compatit avec eux dans leurs faiblesses ; dans un sens, il partage leur tristesse et leurs souffrances (voir Hé 4 .15). Eux ne ressentent pas sa peine, mais lui ressent la leur.

Comme Ésaïe l’avait annoncé, « dans toutes leurs détresses, ils n’ont pas été sans secours » (És 63 .9) et : « L’Éternel [l’] a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux… pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté et aux prisonniers la délivrance… pour consoler tous les affligés » (61 .1,2). Il sait vraiment comment « soutenir par la parole celui qui est abattu » (50 .4). 

Chose intéressante, pendant tout le temps passé à réconforter ses disciples, Jésus sait qu’ils se disperseront et l’abandonneront cette nuit‑là. Le bon berger en agonie devant la perspective de la croix réconforte les brebis qui sont sur le point d’être dispersées et abandonnées : « Que votre cœur ne se trouble pas. »


Cet article est tiré du livre : La chambre haute de John MacArthur