Pourquoi devrait‐on honorer ses parents ? (Kevin DeYoung)

Dans Éphésiens 6.1, Paul nous commande d’obéir à nos parents, « selon le Seigneur ». Honorer notre père et notre mère fait partie de notre soumission à Jésus. Parfois, les jeunes viennent à Christ au cours de leur adolescence ou au début de l’âge adulte, alors que leurs parents ne sont pas chrétiens (ou ne sont pas des chrétiens très sérieux). Malheureusement, leur zèle enflammé pour le Seigneur peut faire d’eux des fils ou des filles encore plus difficiles à vivre. Lorsqu’ils rentrent à la maison, ils pensent en savoir plus que leurs parents. Nous connaissons sans doute certaines choses que nos parents ignorent au sujet de la foi, mais nous ne voulons certainement pas montrer à nos parents incroyants que devenir chrétien nous rend moins respectueux et moins disposés à les honorer. 

Notre obéissance et notre soumission à Christ doivent conduire à l’obéissance et au respect envers nos parents

Lorsque les enfants rentrent à la maison, leurs parents devraient plutôt pouvoir dire : « Je ne sais pas ce qui t’est arrivé à l’université ce semestre. Tu parles tout le temps de l’Église et de ton désir de lire ta Bible. C’est un peu bizarre. Je pense que tu te laisses emporter par toutes ces histoires de religion. Et malgré tout, je ne peux pas nier que tu as changé. Ta compagnie est si agréable. En fin de compte, peut-être y a-t-il quelque chose chez ce Dieu en qui tu crois. » 

Jésus était obéissant

Il est écrit que les enfants doivent obéir en toutes choses à leurs parents, car cela est agréable au Seigneur (Col 3.20). Cela signifie que ne pas écouter nos parents déplaît au Seigneur. Même Jésus obéissait à ses parents, alors qu’il était parfait, et eux imparfaits ! S’il vous arrive de penser : « J’en sais tellement plus que mes parents. En fait, je pense que je mène une vie meilleure que celle de mes parents. Je suis bien plus près de la perfection que mes parents », alors, toutes mes félicitations ! C’est le signe que vous êtes vraiment semblable à Jésus, et pour sa part, Jésus n’a jamais désobéi à ses parents. 

Il repartit donc avec eux et retourna à Nazareth. Et il leur était obéissant. Sa mère gardait précieusement dans son cœur le souvenir de tout ce qui s’était passé (Lu 2.51 ; BDS). 

Je peux comprendre. Si mes enfants étaient obéissants, je garderais aussi ce souvenir précieusement dans mon cœur ! En toutes choses, Jésus – la deuxième Personne de la Trinité et parfait dans toutes ses voies– était obéissant. Quand Marie et Joseph lui disaient ce qu’il devait faire, il le faisait !

Jésus est notre exemple

Un chant de Noël bien connu chez moi, intitulé Once in Royal David’s City (Il était une fois dans la ville royale de David), contient un couplet que j’ai toujours trouvé un peu mièvre, mais pourtant vrai : 

Et, pendant toute sa merveilleuse enfance,

Il honorait et obéissait,

Il aimait et regardait cette humble jeune fille, Dont les doux bras le portaient :

Les enfants chrétiens doivent être doux, Obéissants et bons comme il l’était. (Traduction libre) 

Cela m’a toujours agacé. Le sens de Noël n’est pas que Jésus est descendu pour que nous puissions être de bons enfants, comme lui. Nous ne pourrons jamais être aussi obéissants qu’il l’était. Et pourtant, y a-t-il quelque chose de faux dans cette phrase ? Il honorait et obéissait, et les enfants chrétiens devraient se comporter comme lui. Il est notre exemple.

De toute évidence, il s’agit du premier commandement d’Exode 20 accompagné d’une promesse, comme nous le confirmera le Nouveau Testament. Dans Éphésiens 6, Paul donne une variante de cette promesse : « Honore ton père et ta mère […] afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre » (v. 2,3). 

Honore ton père et ta mère afin d’avoir une vie d’abondance 

La promesse d’Exode 20.12 est la suivante :

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. »

Ce n’est pas le seul fait de vivre une longue vie qui importe dans ce verset. Les auteurs de la Bible n’étaient pas dupes. Ils vivaient dans un monde réel où les gens mouraient. Ils ne prétendaient pas que les bonnes gens vivaient jusqu’à cent ans et que les mauvaises mouraient jeunes. L’idée de vivre longtemps dans un pays dépassait la notion de chronologie. Cette phrase évoquait une vie d’abondance. Si vous souhaitez profiter pleinement des bénédictions que Dieu a pour vous dans la Terre promise, vous feriez bien d’écouter votre mère et votre père. 

Assurément, il s’agit d’une récompense, mais c’est surtout une promesse. Cela n’a rien à voir avec ce genre d’argument :

« Si tu obtiens dix points d’obéissance aujourd’hui, tu vivras une année de plus ! » Non, il s’agit plutôt d’un constat sur la façon dont le monde fonctionne, la manière dont Dieu a conçu les choses. Ce n’est pas une formule mathématique, mais dans l’ensemble, vous vous porterez beaucoup mieux une fois que vous aurez appris à honorer vos parents. 

Dieu nous motive à être saints

N’est-ce pas formidable de savoir que Dieu nous motive à être saints ? Il aurait aussi très bien pu nous menacer : « Honore ton père et ta mère, sinon… » Paul aurait alors pu écrire : « C’est le premier commandement avec une grande menace. » Au contraire, Dieu a dit : « Je dois vous expliquer quelque chose. Cela vous plaira. Ce n’est pas dans votre nature pécheresse d’agir ainsi, mais ne voulez-vous donc pas bénéficier d’une longue vie sur la terre ? Ne voulez-vous donc pas recevoir mes bénédictions pour votre vie ? » Dieu nous montre un chemin qui mène à ce but, et il faut l’emprunter dès l’enfance en honorant ses parents.

Tout spécialiste du domaine des sciences sociales, qu’il soit libéral ou conservateur, est forcé de reconnaître que toutes les études mènent à la même conclusion. L’arrière-plan familial constitue le meilleur indicateur pour prédire si une personne sera en bonne santé à l’âge adulte, si elle aura réussi son parcours scolaire, évitant la prison, la drogue et la débauche, et si elle jouira d’autres avantages associés aux bons comportements sociaux. Une fois de plus, il existe toutes sortes d’exceptions – meilleures ou pires – pour contrer les statistiques. Cependant, les meilleures prévisions tiennent compte du fait que l’individu a eu une mère et un père qui l’aimaient et qui étaient là pour lui, et du fait qu’il les écoutait et leur obéissait. C’est ainsi que fonctionne le monde. 

Les enfants ont besoin de parents

Les enfants ont besoin de parents, c’est une vérité biblique. Et le moment où nous pensons que nous n’avons pas besoin de nos parents est probablement le moment où nous en avons besoin plus que jamais. À l’âge de sept ou huit ans, un enfant ne peut même pas imaginer sa vie sans eux. Il a besoin de quelqu’un pour le nourrir. Puis, il grandit et en vient à un point où il se dit : « Je ne sais pas. Peut-être que je peux y arriver tout seul. Peut-être que la volonté de mes amis est un peu plus importante. Peut-être que ce qu’ils font me profitera plus que ce que mes parents croient que je devrais faire. »

Quand l’adolescent en vient à penser : « Je ne sais pas si j’ai vraiment besoin de cette relation », c’est à ce moment précis qu’il a plus que jamais besoin de maman et papa pour l’aimer, l’encourager, lui imposer de saines limites, et parfois même, le protéger contre ses propres pulsions. 


Cet article est tiré du livre : Les dix commandements de Kevin DeYoung